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Publié le 24 octobre 2026 par Emmanuel Desormeaux

Banque d'accueil PMR : les cotes de l'arrêté, et ce qui ne se règle pas avec un meuble

L'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2017 fixe deux cotes pour une banque d'accueil accessible : une hauteur maximale de 0,80 m, et un vide en partie inférieure d'au moins 0,30 m de profondeur, 0,60 m de largeur et 0,70 m de hauteur. Mais le même article demande aussi que l'équipement puisse être « repéré, détecté, atteint et utilisé », et que la communication de face évite « l'effet d'éblouissement ou de contre-jour ». Ces trois dernières exigences ne s'achètent pas avec le meuble : elles se décident dans le hall.

La demande nous arrive presque toujours au moment du chantier, formulée en une phrase : « on nous demande un accueil conforme PMR ». Le réflexe est alors de chercher une banque d'accueil « conforme » dans un catalogue, et c'est ce que proposent la quasi-totalité des résultats sur cette requête. Les cotes seront bonnes. Le reste du texte, lui, aura été lu à moitié.

Que dit exactement l'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2017 ?

Il porte sur les dispositions relatives à l'accueil du public, et il tient en deux temps. D'abord une exigence générale : « tout aménagement, équipement ou mobilier situé aux points d'accueil du public » doit « pouvoir être repéré, détecté, atteint et utilisé par une personne handicapée ».

Ensuite, les caractéristiques de la banque elle-même. Les banques d'accueil doivent être « utilisables par une personne en position "debout" comme en position "assis" » et permettre « la communication visuelle de face, en évitant l'effet d'éblouissement ou de contre-jour ». Et pour la partie accessible : « la hauteur maximale est de 0,80 m », l'équipement présentant « un vide en partie inférieure d'au moins 0,30 m de profondeur, 0,60 m de largeur et 0,70 m de hauteur permettant le passage des pieds et des genoux d'une personne en fauteuil roulant » (article 5, Légifrance, relevé le 24 octobre 2026).

Quatre verbes et deux cotes, donc. Les catalogues reprennent les deux cotes. Les quatre verbes, personne n'en parle, et ce sont eux qui concernent le lieu.

Les deux cotes, et l'erreur qui revient le plus souvent

Ce que le texte fixeValeurCe que cela implique au montage
Hauteur de la partie accessible0,80 m au maximumUn plafond, pas une cible. Le reste de la banque peut rester à hauteur debout
Profondeur du vide inférieur0,30 m au minimumInterdit tout caisson, bloc tiroirs ou habillage pleine hauteur à cet endroit
Largeur du vide inférieur0,60 m au minimumConditionne la position des pieds de meuble et des passages de câbles
Hauteur du vide inférieur0,70 m au minimumAvec la hauteur de 0,80 m, il reste 10 cm pour le plateau et sa structure
Usage debout et assisLes deuxConduit à deux niveaux de plan plutôt qu'à un plan unique rabaissé

L'erreur la plus fréquente est de traiter la hauteur seule. Un plateau abaissé à 0,80 m au-dessus d'un caisson de rangement plein ne répond pas au texte : les quatre cotes vont ensemble, et la dernière ligne du tableau explique pourquoi elles sont serrées. Entre 0,70 m de vide et 0,80 m de plan fini, il reste dix centimètres pour l'épaisseur du plateau et sa structure. C'est ce qui exclut la plupart des plateaux massifs et des habillages épais à cet endroit précis.

Repéré, détecté, atteint : les trois exigences qui ne sont pas dans le catalogue

Chacun des verbes de l'article 5 désigne une étape du parcours d'un visiteur, et aucune ne se règle en achetant un meuble.

Repéré : voir où est l'accueil en entrant. Dans un hall où la banque est de la même teinte que les murs et le sol, sans signalétique au-dessus, un visiteur qui entre doit chercher. Un décor mural qui signe l'emplacement, un logo en relief derrière la banque, un changement de matière ou de couleur sur le mur d'arrière-plan règlent cette question, et ce sont précisément les éléments que nous dessinons.

Détecté : distinguer l'équipement de son environnement immédiat. C'est une question de contraste, et le contraste ne se juge pas sur un échantillon mais contre le mur, le sol et la lumière réels. Une banque blanche devant un mur blanc est régulièrement conforme en cotes et illisible pour une personne malvoyante.

Atteint : parvenir jusqu'au poste. Le cheminement depuis la porte doit rester libre, et c'est souvent l'aménagement qui le bloque : un fauteuil d'attente, une plante en bac, un présentoir ou un chevalet installés après la livraison referment un passage qui était dégagé au plan.

L'éblouissement et le contre-jour : l'exigence qu'on découvre trop tard

Celle-ci est la plus concrète de toutes, et c'est aussi celle qu'un catalogue ne peut pas traiter. Le texte demande que la communication visuelle de face se fasse en évitant l'effet d'éblouissement ou de contre-jour.

Posez un poste d'accueil dos à une baie vitrée, comme le plan d'architecte le propose souvent pour donner de la lumière au hall. De face, le visiteur voit une silhouette sombre devant une surface très lumineuse : l'expression du visage disparaît, la lecture labiale devient impossible pour une personne sourde ou malentendante, et l'échange se dégrade pour tout le monde. Inversez la situation, et c'est l'agent d'accueil qui reçoit le soleil dans les yeux une partie de la journée.

Trois leviers règlent ce point, et ils relèvent tous de l'aménagement plutôt que du meuble. Réorienter le poste par rapport à la baie, ce qui se décide au plan et pas après la livraison. Traiter le vitrage de la façade pour casser la luminosité derrière le poste : c'est le métier de notre site spécialisé pour les vitrages de bureaux, vitrophaniebureau.fr, qui traite la face de pose d'un film solaire sur une façade tertiaire. Et travailler le mur d'arrière-plan en teinte moyenne, pour que le visage ne se lise plus contre une source de lumière.

Habillage d'une banque d'accueil pour Transavia : logo et slogan en adhésif. Réalisation Paristic.

Ce qui relève du mobilier et ce qui relève de nous

Autant le dire franchement, parce que c'est ce que les visiteurs de cette page cherchent à savoir. Nous ne fabriquons pas de banques d'accueil. Un poste d'accueil est du mobilier : il se choisit chez un fabricant ou un revendeur de mobilier de bureau, qui répond de ses cotes et de sa finition.

Le sujetQui le porteCe que le texte en dit
Cotes de la banque, vide inférieur, deux niveaux de planFabricant de mobilierHauteur de 0,80 m, vide de 0,30 x 0,60 x 0,70 m, usage debout et assis
Repérage de l'accueil depuis l'entréeAgence de design d'espace« Repéré »
Contraste de l'équipement avec son environnementAgence de design d'espace« Détecté »
Orientation du poste, traitement de la lumière de façadeArchitecte et agence« En évitant l'effet d'éblouissement ou de contre-jour »
Cheminement libre jusqu'au posteArchitecte et exploitant« Atteint »
Validation de la conformité du bâtimentBureau de contrôleLe texte applicable selon la nature et la date du bâtiment

C'est la même séparation que nous détaillons métier par métier dans notre guide de l'agencement de bureaux, et que nous posons pour une boutique dans notre article sur l'aménagement décoratif des bureaux : la moitié qui est la nôtre est celle du décor, de l'identité et de la signalétique. Sur un hall d'accueil, elle recouvre le mur d'arrière-plan, le logo en relief, l'habillage de la banque, la signalétique directionnelle et le traitement des vitrages. Les cotes du meuble, non.

Le hall complet : les quatre éléments à traiter ensemble

Dans un projet d'accueil, ces points se décident en même temps, et c'est ce qui évite les reprises après la visite de contrôle.

  • Le mur d'arrière-plan. Il porte le nom et le logo de l'entreprise, et c'est lui qui rend l'accueil repérable depuis la porte. Sa teinte décide aussi du contre-jour sur le visage de l'agent.
  • Le logo et la signalétique en relief. Un nom en lettres découpées se lit de loin et donne le repère visuel que le texte attend. Notre site spécialisé lettrage-3d.com traite les plaques en relief et ce que le même arrêté exige des numéros d'étage et des portes de chambres.
  • Les vitrages du hall. Parois et portes vitrées doivent être repérables, et la façade décide de l'éblouissement derrière le poste. Les deux se traitent par film, voir notre page vitrophanie.
  • Le cheminement. Il se relève sur place, après installation du mobilier d'attente, et pas seulement sur le plan.

Comment nous l'avons vérifié

Les six citations réglementaires de cette page ont été relevées mot pour mot sur Légifrance le 24 octobre 2026, à l'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2017, et non reprises d'un site de mobilier ou d'un guide d'achat. Le lien direct vers l'article figure plus haut pour que vous puissiez les vérifier.

Ce que nous n'écrivons pas, faute de l'avoir vérifié à la source pour ce cas précis : le contenu de l'arrêté du 8 décembre 2014 applicable aux établissements existants, les valeurs chiffrées de contraste visuel, et les niveaux d'éclairement attendus aux points d'accueil. Un point réglementaire non vérifié à la source ne s'écrit pas, et une valeur chiffrée se lit dans le texte, pas dans un article de blog.

Ce que nous apportons en propre : la lecture complète de l'article 5, qui ne se limite pas à deux cotes de mobilier ; le calcul des dix centimètres restants entre le vide de 0,70 m et la hauteur de 0,80 m, qui exclut la plupart des plateaux épais ; le cas du poste placé dos à une baie, que nous rencontrons sur site ; et la séparation explicite entre ce qui relève du fabricant de mobilier et ce qui relève d'une agence de design d'espace.

Questions fréquentes

Quelle est la hauteur réglementaire d'une banque d'accueil PMR ?

L'article 5 de l'arrêté du 20 avril 2017 fixe une hauteur maximale de 0,80 m pour la partie accessible de l'équipement. Ce n'est pas une hauteur à atteindre mais un plafond à ne pas dépasser, et il ne concerne que la portion destinée à un usage assis, pas toute la banque.

Quelles dimensions pour le vide sous une banque d'accueil accessible ?

Le même article 5 demande un vide en partie inférieure d'au moins 0,30 m de profondeur, 0,60 m de largeur et 0,70 m de hauteur, pour permettre le passage des pieds et des genoux d'une personne en fauteuil roulant. Les trois cotes vont ensemble : un plateau à la bonne hauteur mais avec un caisson plein dessous ne répond pas au texte.

Une banque d'accueil doit-elle être utilisable debout et assis ?

Oui. Le texte demande que les banques d'accueil soient utilisables par une personne en position debout comme en position assis, et qu'elles permettent la communication visuelle de face. C'est ce qui conduit en pratique à deux niveaux de plan de travail plutôt qu'à un plan unique rabaissé.

Que veut dire « repéré, détecté, atteint et utilisé » dans l'arrêté ?

Que la conformité ne se joue pas seulement sur les cotes du meuble. L'article 5 demande que tout aménagement, équipement ou mobilier situé aux points d'accueil du public puisse être repéré, détecté, atteint et utilisé par une personne handicapée. Repérer suppose de voir où est l'accueil en entrant ; détecter suppose un contraste suffisant ; atteindre suppose un cheminement libre jusqu'au poste.

Que dit le texte sur l'éblouissement et le contre-jour à l'accueil ?

L'article 5 demande que la communication visuelle de face se fasse en évitant l'effet d'éblouissement ou de contre-jour. C'est une exigence d'aménagement du hall, pas de mobilier : un poste d'accueil placé dos à une baie vitrée met l'agent en silhouette et rend la lecture labiale impossible, quelle que soit la banque achetée.

Une banque d'accueil achetée « conforme PMR » suffit-elle ?

Elle règle les cotes, et c'est déjà beaucoup. Elle ne règle ni le repérage depuis l'entrée, ni le contraste avec son environnement, ni l'orientation par rapport à la lumière, ni le cheminement qui y mène. Ces quatre points relèvent du lieu, et c'est là que nous intervenons, aux côtés du fournisseur du meuble.

Qui valide la conformité d'un accueil en ERP ?

Le bureau de contrôle ou l'architecte du projet, sur la base du texte applicable au bâtiment. Nous ne nous substituons pas à eux : nous citons le texte, nous relevons ce qui existe, et nous fabriquons le décor et la signalétique retenus.

Ces règles s'appliquent-elles à un bâtiment existant ?

L'arrêté du 20 avril 2017 vise les établissements recevant du public lors de leur construction et les installations ouvertes au public lors de leur aménagement. Un établissement existant relève d'un autre texte, l'arrêté du 8 décembre 2014, que nous ne citons pas ici faute de l'avoir vérifié article par article pour ce cas précis.

Un hall d'accueil à reprendre ? Décrivez-nous le lieu, envoyez une photo prise depuis la porte d'entrée et dites-nous où se trouvent les baies : nous revenons avec le repérage, le contraste et le traitement des vitrages, aux côtés de votre fournisseur de mobilier. Briefez-nous.

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